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Malouma
Nour, une rencontre singulière entre Orient et Occident Malouma, une artiste qui transcende les frontières de la musique Malouma, issue d’un milieu artistique intellectuel et cultivé, a dû lutter pour s’émanciper et conquérir chaque jour le droit de s’exprimer dans un pays longtemps étouffé par un gouvernement autoritaire.
S’inspirant du blues et des sons occidentaux, elle évoque les thèmes de société et les sentiments profonds qu’elle ressent autour d’elle, offrant alors un visage moderne et respectueux des hommes et des femmes de son pays. Depuis son premier album, Dunya, la « blueswoman du désert » a mûri avec ses musiciens mauritaniens de nouvelles compositions que Philippe Teissier du Cros a enregistrées à l’occasion de leur passage au 31ème festival Musiques Métisses dans les studios Mad Production (Juillaguet – Charente). Au cours de l’enregistrement, l’ingénieur du son pousse l’artiste à dévoiler tout son potentiel vocal, émotionnel et créatif. Commence alors l’histoire d’une réalisation qui va mettre en valeur, comme un écrin, la sensibilité de Malouma, son inventivité mélodique et les rythmes mauritaniens, à travers une interprétation moderne et unique, qui projette la chanteuse dans le paysage musical du vingt et unième siècle. Une rencontre entre l’Orient et l’occident qui va se concrétiser petit à petit. Philippe Teissier du Cros se met au service de l’œuvre, retravaille la base mélodique avec Guillaume Humery, qui vient poser la sonorité fluide et naturelle de ses clarinettes et la profondeur de ses claviers qui enrichissent discrètement les notes de Malouma. Il invite à venir se greffer autour de la chanteuse et de ses musiciens des influences très différentes parmi lesquelles on retrouve la guitare électrique de Pierre Fruchard, qui apporte une énergie presque rock à certains morceaux, en parfaite symbiose avec l’énergie des rythmes mauritaniens, encore soulignés par le Gumbass de Loy Ehrlich, les percussions parfois sauvages d’Emile Biayenda et la batterie de Laurent Robin. L’univers décalé, aux frontières des deux civilisations, est aussi exalté par les notes acérées du Fender rhodes «xenophone» de Bojan Z et les programmations hardies de Smadj alors que la respiration du piano d’Eric Legnini ponctue et souligne l’élégance de la dynamique presque hypnotisante de certains passages. L’album, à la fois émouvant et pourtant si différent, prend l’auditeur tendrement par la main, l’interroge dans ses certitudes dans la plus grande douceur. Une collaboration qui donne naissance à un objet sonore décalé et unique, alternant l’énergie de «Gamly», aux frontières de l’électro-pop, à la sensualité traditionnelle du blues aux accents totalement arabisants de « Yarab », l’émotion simple de «Habib» ou la volonté d’universalité voulu par l’artiste dans « Nour », en forme d’espoir vers un futur meilleur. Dans ses textes, Malouma parle des sentiments humains, d’images poétiques, de la femme Mauritanienne, de la douleur et du bonheur de l’amour filiale. Elle évoque courageusement l’émigration et son attachement sincère à un Dieu qui transcende les religions. Une émouvante vision de paix et d’humanité chantée dans l’espoir de rapprocher les cultures. Un voyage sincère, qui sublime les frontières musicales et porte loin la voix de Malouma, une poétesse qui désire s’ouvrir vers le monde sans oublier celui qui l’a fait telle qu’elle est. - Antoine Gresland |


