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El Congo
Enregistré à Kinshasa, cet album rend hommage à l'une des plus belles musiques née sur le Continent africain, à l'aube des independances. En Mars 2002, les pionniers de la Rumba congolaise, l'une des musiques les plus populaires en Afrique, se sont retrouvés avec quelques musiciens de la nouvelle génération au studio "M'eko" de Kinshasa pour revisiter les instants glorieux de leur passé musical. A leur manière, ces retrouvailles furent aussi touchantes et rythmées que celles du célèbre Buena Vista Social Club. Dans les années 1950, lorsque la Rumba congolaise voit le jour, la musique Cubaine exerce sur le continent africain une influence primordiale. La Rumba, chantée en Lingala, ses lignes de guitare précises (inspirées par le phrasé et le son du likembe ou sanza) et ses harmonies mélodieuses, donnent à cette musique son identité. Née dans les deux villes bordant le fleuve Congo, Brazzaville et Kinshasa, elle s'est rapidement répandue sur tout le continent. Rumbanella Band Après dix ans passés à travailler avec Jean Bosco Mwemba, Madou finit par créer sa propre formation afin de faire perdurer le son de la Rumba. Trois autres membres du Rumbanella Band participent à ce projet : le chanteur Lola Bivuatu, le bassiste Bolita Mzela Zimbika, et le guitariste Kankonde Joseph aussi connu sous le nom de " Serpent ", surnom qui lui fut attribué du fait de ses performances de footballeur. Lorsqu'il commença à jouer de la guitare aux côtés du légendaire Docteur Nico, on trouva que ce qualificatif décrivait aussi bien sa manière de jouer au football que la dextérité avec laquelle il déplaçait ses doigts le long du manche de sa guitare. Tout comme Docteur Nico, et bien d'autres musiciens congolais, Madou et Serpent grandirent et apprirent la musique dans la région minière du Kasaï, au Sud-est du pays. Ils arrivèrent à Kinshasa alors que la ville était le centre culturel et cosmopolite de la région toute entière. Ils eurent la chance de pouvoir entendre cette nouvelle musique qui s'échappait de tous les bars et studios d'enregistrement de la ville. Ils devinrent vite partie intégrante de la scène Rumba de Kinshasa. Les choristes du Victoria Bakolo Miziki (Willy et Mass), le saxophoniste Joseph Maproko (ancien soliste de l'African Fiesta) et le jeune percussionniste congolais Emile Biayenda (leader des Tambours de Brazza) se sont joints au Rumbanella Band pour interpréter les rumbas classiques de Tabu Ley Rochereau ou Dr Nico. Wendo Kolosoy, le père fondateur de la Rumba et son groupe composé de jeunes et de vétérans, le Victoria Bakolo Miziki ont contribué à la réussite de cette session après avoir enregistré l'album Amba (Marabi 46801-2). Ils interprêtent une composition récente du "patriarche" Botiakitembe. Wendo, accompagné ici par Rumbanella Band, chante une nouvelle version de sa chanson fétiche, Marie-Louise, dont la version originale date de 1948. Mais comment parler de rumba congolaise si l'on ne mentionne pas le roi du likembe (piano à pouces), Antoine Moundanda, le contemporain de Wendo à Brazzaville. Et quelle meilleure conclusion à cette réunion des pionniers de la Rumba congolaise que cette improvisation surprise entre lui et son vieil ami Wendo Banning Eyre. |


