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Ba Cissoko
Une soirée d'automne de l'an 2000, les platines fouineuses du Satellit' Café, un bar parisien coté pour ses cocktails à musiques, envoient un son ouest africain épicé, un reggae quasi saturé ou deux koras se battent en duel. Un truc suffisamment iconoclaste pour que je cuisine derechef le DJ : un mini-CD promo de 4 titres, sans livret, juste un nom : Ba Cissoko. Des Guinéens de Marseille, croit savoir le platineur-maison. Je pars en chasse. Fin 2003, enfin, Sabolan, LE disque, tant attendu. Par moi, mais pas que. Entre temps, je les ai connus, écoutés, réécoutés, et j'ai fait le haut-parleur. Parce que Ba Cissoko, ça ne se déguste pas dans son coin. Il y a d'abord Ba Cissoko, le "grand frère" (né en 1967) et sa cristalline kora acoustique et son timbre de crooner mandingue. Puis ses deux cousins cadets, Sékou Kouyaté, qui tire de la millénaire harpe mandingue, trafiquée et bardée d'effets, d'insolents riffs quasi-Hendrixiens, et Kourou Kouyaté, alias "Kourou Basse". Avec eux, Ibrahim Bah et ses percussions élastiques. Une aventure initiée par l'équipe des Nuits Métis de La Ciotat, avec déjà une longue pratique de la scène, concerts toujours "bluffants", de leur réduit marseillais aux grandes scènes festivalières. Et à présent Sabolan, ce disque incandescent réalisé par l'éclectique musicien et producteur malgache Tao Ravao. L'exemple d'un métissage. heureusement pas sage, turbulent, même ! Rémy Kolpa Kopoul - conneXionneur |


