Une soirée d’automne de l’an 2000, les platines fouineuses du Satellit’ Café, un bar parisien coté pour ses cocktails à musiques, envoient un son ouest africain épicé, un reggae quasi saturé ou deux koras se battent en duel. Un truc suffisamment iconoclaste pour que je cuisine derechef le DJ : un mini-CD promo de 4 titres, sans livret, juste un nom : Ba Cissoko. Des Guinéens de Marseille, croit savoir le platineur-maison. Je pars en chasse.

Fin 2003, enfin, Sabolan, LE disque, tant attendu. Par moi, mais pas que… Entre temps, je les ai connus, écoutés, réécoutés, et j’ai fait le haut-parleur. Parce que Ba Cissoko, ça ne se déguste pas dans son coin.

Résumé de l’aventure des "Ba", surnom lapidaire hérité de leurs amis : deux koras, une basse et des percussions portées par quatre jeunes Guinéens, griots d’héritage formés à Conakry sous l’égide du maître de la kora M’Bady Kouyaté, à présent Marseillais à temps partiel. Ba Cissoko, plus qu’un groupe, c’est une famille.

Une aventure initiée par l’équipe des Nuits Métis de La Ciotat, avec déjà une longue pratique de la scène, concerts toujours "bluffants", de leur réduit marseillais aux grandes scènes festivalières. Et à présent Sabolan, ce disque incandescent réalisé par l’éclectique musicien et producteur malgache Tao Ravao. L’exemple d’un métissage… heureusement pas sage, turbulent, même !

Morceaux choisis de l’épopée millénaire en mandingo et chansons-chroniques en soussou ou peulh : le répertoire des "Ba" est soutenu par un son urbain groovy décapant, aussi précurseur que celui du Mory Kanté des jeunes années.

Rémy Kolpa Kopoul - conneXionneur